Comment prévenir et guérir les diarrhées des veaux ?

Avec l’automne et l’hiver qui arrivent, les veaux seront parfois plus sensibles aux diarrhées. Que faire pour les prévenir et les guérir ? C’est l’occasion de faire le point sur nos pratiques, la nurserie, le matériel dédié aux veaux, etc, grâce à quelques éléments clés issus d’une formation avec le vétérinaire Jean-Marie Nicol.

Les principes de précaution

Trois grands principes de précaution sont indispensables pour limiter le développement des pathologies du veau :

Du colostrum de qualité, en quantité suffisante

veau couché

Le veau naît sans aucune immunité, et ce sont les immunoglobulines du colostrum (sortes d’anticorps) qui vont lui permettre de lutter contre les pathogènes dans les premiers jours de sa vie. Pour cela, il faut qu’il absorbe 200g d’immunoglobulines, c’est-à-dire 3,5 à 4l de « bon colostrum » dans les 6 premières heures après la naissance. Le timing est important : l’intestin les absorbe de moins en moins au fil du temps (12 à 15h après la naissance, il sera pratiquement impossible de combler ce déficit). Si le veau boit volontiers 2l de colostrum, il faudrait alors revenir peu après pour lui donner les 2l restants, ou le sonder.
La qualité du colostrum est tout aussi importante : Un « bon colostrum » est un colostrum de 1ère traite, récolté rapidement après le vêlage, de manière hygiénique (sur le quai de traite si possible), et distribué à 39-40°C au veau laitier. Si le veau tête (allaitant, ou veau laissé quelques jours avec sa mère), dans les 2h après la naissance, le nettoyage des trayons au préalable lui évitera d’ingérer une dose de pathogènes supplémentaires. Enfin, la qualité des colostrums est variable d’une vache à l’autre. Pour être sûr que le veau ait bien reçu sa dose d’immunoglobulines, il est prudent de vérifier la qualité du colostrum au pèse colostrum ou réfractomètre. Un colostrum de vache laitière est considéré comme « bon » à partir de 65 g d’immunoglobulines/l, celui d’une vache allaitante : 90 g d’immunoglobulines/l. Ce qui n’est pas le cas pour de nombreuses vaches (moyenne en Holstein = 48g/l = colostrum « moyen »).

Une contamination du veau le moins possible et le plus tard possible

Avec l’automne et l’hiver qui arrivent, les veaux seront parfois plus sensibles aux diarrhées. Que faire pour les prévenir et les guérir ? C’est l’occasion de faire le point sur nos pratiques, la nurserie, le matériel dédié aux veaux, etc, grâce à quelques éléments clés issus d’une formation avec le vétérinaire Jean-Marie Nicol.

Le veau part à la découverte et va lécher tout ce qu’il trouve. Le box de vêlage doit être très propre, tout comme la peau et les trayons de la mère (propreté des taries), puis sa case. Tout comme le matériel (biberon, seaux…) et les mains. De la même façon, il est préférable de s’occuper du veau malade en dernier, ou de bien se laver les mains, pour éviter de transmettre ses pathogènes aux autres veaux.

Une contamination limitée au sein du troupeau

Enfin, si l’on peut éviter les contaminations entre animaux, cela serait préférable. Par exemple, faire des petits lots par âges, et éviter d’y introduire de nouveaux animaux, ou encore isoler très rapidement les veaux malades et contagieux. Si l’on n’a pas de zone dédiée, les mettre à l’abri entre des bottes de paille à l’abri du vent peut aussi être une solution envisageable.

 

Gérer les diarrhées

Les diarrhées avant 3 jours : liées à des bactéries, les colibacilles.

L’intestin du nouveau-né a un pH neutre, qui s’acidifie progressivement avec les buvées de lait. Après deux jours, le pH de l’intestin du veau est suffisamment bas pour empêcher le développement des colibacilles. Le veau ne craint plus rien.
En cas de problèmes de diarrhées avant 3 jours, il faut limiter la contamination du veau par les colibacilles : une litière très propre au vêlage (car les vaches en portent naturellement sur la peau), vacciner les vaches 3 semaines avant vêlage pour qu’elles produisent les anticorps nécessaires dans le colostrum, ou mettre du Locatim dans le colostrum peuvent être envisagées.

Les diarrhées après 5 jours

Elles peuvent être causées par des rotavirus, coronavirus, la cryptosporidiose ou quelques bactéries (fièvre).
Les rotavirus et coronavirus abîment la paroi intestinale, et détruisent les cellules qui produisent les enzymes pour digérer le lait.
Comme il digère beaucoup moins bien le lait car il manque d’enzymes pour le dégrader, il faut veiller à ce que le réhydratant couvre bien ses besoins énergétiques. Or, le réhydratant contient peu de calories (3 fois moins que le lait), il va donc falloir augmenter les quantités. Pour couvrir les 2300-2500 kilo calories/jour dont a besoin un veau malade : 9l de réhydratant (eau, sucres, anti-acides, et ions) + 1l de lait (énergie), en alternant et en fractionnant les buvées.
Le veau en diarrhée perd énormément d’eau (de 5 à 8l/jour) et peut finir par mourir de déshydratation, de manque d’ions, de bicarbonate, et d’énergie. Il faut donc le réhydrater massivement dès le début : de 8l/jour pour un début de diarrhée, jusqu’à 12l/jour pour une grosse diarrhée.