En cette période de COP 21 à Paris, les événements se multiplient autour de la lutte contre le changement climatique et l'agriculture n'est pas en reste puisque le 3e séminaire régional sur l'agro-écologie organisé par la DRAFF le 8 octobre 2015 portait sur le thème « Agriculture, forêt et changement climatique ».
Une introduction très claire du CGAAER posait les enjeux à travers les résultats d'un rapport réalisé pour le compte du ministère de l'agriculture.
On y apprend que les émissions du secteur agricole en France représentent 101,1 MtCO2 eq / an, soit 20 % des émissions françaises de GES*, se répartissant de la façon suivante :

  • 50 % de N2O : par exemple pour la fertilisation
  • 40 % de CH4 : par exemple dans l'élevage
  • 10 % de CO2 : par exemple en énergie, pour la mécanisation

Outre les acteurs de la forêt, 3 acteurs agricoles présentaient les résultats de leurs travaux sur le sujet :


1- les organisations professionnelles laitières via le projet « life carbon dairy » ont réalisé un diagnostic carbone sur 400 fermes laitières normandes grâce à un outil créé pour l'occasion et appelé CAP'2ER.
Leurs principales préconisations sont :

  • Réduire l'âge au premier vêlage
  • Augmenter le nombre de lactations par vache
  • Augmenter l'autonomie protéique sur la ferme
  • Augmenter la surface en prairies
  • Augmenter la quantité d'arbres plantés
  • Économiser l'énergie directe (pré-refroidisseur de lait, fioul tracteur)

2- Le Parc naturel régional Normandie Maine suit un groupe d'une dizaine d'agriculteurs en grandes cultures ou élevage depuis 2012.
En grandes cultures, les principaux poste d’émission de GES* sont :

  • les engrais aussi bien lors de leur fabrication (CO2) que lors de l'épandage (N2O)
  • et les sols qui, selon leur conduite, peuvent stocker carbone et azote ou au contraire émettre des GES*. Les méthodes de réduction d'émissions passent donc par la limitation de la fertilisation chimique via l'introduction de légumineuses dans les rotations et des techniques de culture simplifiées.

En élevage, s'ajoute un poste important d’émission de méthane par la fermentation entérique. On trouve une compensation possible dans l'amélioration de la valorisation des prairies : puits de stockage de carbone et source d'économie de concentrés. Aujourd’hui, le retournement des prairies génère autant d'émission de GES* que l'artificialisation des terres agricoles !


3- Patrick Sadones a ensuite apporté son témoignage, en tant qu'adhérent des Défis Ruaux, sur sa démarche à l'échelle d'une ferme laitière caprine et vergers fruitiers. Lire sa présentation
Au delà des préconisations des intervenants précédents, Patrick Sadones a précisé qu'une part importante de réduction des émissions de GES* passerait par une réduction de la part des produits d'origine animale dans le régime alimentaire moyen.
Son projet de capture du méthane issu de la litière accumulée dans le bâtiment d'élevage a attiré l'attention de la direction Energie et Environnement de la Métropole qui s'est proposé de fournir un appareil de mesure du taux de méthane dans le bâtiment.
Lors des questions, les participants se sont interrogé sur l'intérêt de multiplier les outils de diagnostic. L'outil de l'ADEME « Dia'terre » devrait être utilisé par tout le monde afin de pouvoir compiler et comparer les résultats.
Pour information, le réseau CIVAM utilise le diagnostic Dia'terre afin de mesurer la plus-value des systèmes herbagers sur la limitation des GES*.

A noter encore :

* Gaz à effet de serre